« IBK MALI 2012 en affaire avec des forces négatives » : Le secrétaire général de la section France du RPM démissionne

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Dans une lettre de démission du 18 Janvier 2013 adressée à Mme KYA DEMBELE, la secrétaire générale adjointe de la section France du Rassemblement Pour le Mali (RPM), le secrétaire général de la section France MAGASSA SEKOU est sans ambages: « IBKMALI 2012 a toujours été en affaire avec ces forces négatives. Nos militants et/ou sympathisants ont été le fer de lance des meetings et autres mouvements de foule à l’initiative des forces négatives. C’est bien IBK que les animateurs de ces forces négatives sont allés consulter avant la funeste convention qui déboucha sur l’agression du PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, c’est à dire de la nation le 21 MAI 2012 ». Voici quelques passages de la lettre de démission su secrétaire général de la section France du RPM.

« … les valeurs du RASSEMBLEMENT POUR LE MALI, notre parti, nous interdisaient de nous tenir à équidistance des défenseurs de la démocratie et des prédateurs de nos institutions ; le choix ne peut être cornélien entre nos institutions et un capitaine déserteur. Le parti auquel j’ai adhéré en 2001 a toujours eu comme principes directeurs :

- La rigueur de la loi – dura lex sed lex

- L’autorité de l’état

- Le devoir envers les martyrs du 26 mars 1991

- Le respect de la république, de ses institutions et donc du peuple

- Le kankélétiguiya

- La rigueur intellectuelle

Le Parler vrai et agir en vérité

- Le MALI d’abord en tout temps et en tout lieu

- L’excellence morale

C’est ce corpus qui a fait du RASSEMBLEMENT POUR LE MALI « l’alizée de la résurrection nationale » dont le message a toujours apporté au débat public une très forte valeur ajoutée. Si le peuple a toujours accordé du crédit à notre message, c’est bien parce que nous incarnions jusqu’à présent, dans l’imaginaire du malien moyen, ce pôle de stabilité assis sur des convictions solidement ancrées et des considérations éthiques éprouvées.

Du 22 mars 2012 à ce jour, la crise politique et sécuritaire a connu des moments structurants, caractérisés par des contradictions imposant à chaque structure et à chaque citoyen engagé une prise de position claire. Je rappelle ici quelques questions importantes

- Désignation du président la république – pour ou contre le président de l’assemblée nationale , Attitude de la CEDEAO ( transition de 12 mois ) , Durée de l’intérim ( 40 jours ou plus ) , OUAGA 2 ( aller ou pas ) , Concertations nationales ( urgence et rôle ) , Légitimité des institutions de la transition , Portée de l’accord cadre ( bible ou pas )

Même si IBK MALI2012 a toujours nié toute connivence avec la camp « pro putsch » ,les réponses et les analyses qu’il a apportées à ces différentes questions ressemblaient comme une goutte d’eau à celles des FORCES NEGATIVES que sont : divers copam , mp22 , copa , malobaliton, mouvement des forces patriotiques. En vérité, IBKMALI 2012 a toujours été en affaire avec ces forces négatives. Nos militants et/ou sympathisants ont été le fer de lance des meetings et autres mouvements de foule à l’initiative des forces négatives. C’est bien IBK que les animateurs de ces forces négatives sont allés consulter avant la funeste convention qui déboucha sur l’agression du PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, c’est à dire de la nation le 21 MAI 2012.

Comme pour confirmer ces faits, certains propos tenus en privé ou en public par des responsables du RPM démontrent clairement notre perception du putsch et des putschistes : « les militaires ne nous sont pas hostiles » ; « le coup d’état a été salutaire et sanitaire » ; « De nos jours, il y a une catégorie de Maliens qui pensent que la majorité issue des législatives de 2007doit continuer à décider sans tenir compte d’une partie de maliens qui pensent que cette majorité a atteint ses limites constitutionnelles avec à la clé l’achèvement d’un mandat de cinq ans qui vient d’être prorogé grâce à l’accord-cadre et la transition » ; « L’Assemblée nationale actuelle ne peut répondre au nom du peuple malien. Cela pour la simple raison que toutes les sensibilités actuelles n’y sont pas représentées. L’Assemblée nationale ne peut être continuellement reconduite».

Si les trois premières affirmations se passent de tout commentaire, la quatrième affirmation suscite des questions du type : qu’est ce qu’une sensibilité ? Comment apparaît- elle en démocratie ? Comment la représente t- on ? , les sensibilités non représentées dateraient –elles du 22 MARS 2012 ? Répondre à ces questions, c’est retrouver le fil conducteur des choix de IBK, président du RASSEMBLEMENT POUR LE MALI depuis le 23 MARS 2012.

… Notre parti , le RPM , tout comme IBK MALI2012 , dans leur croisade contre LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE- qui parcourt , pour la patrie , un véritable chemin de croix depuis le 22 mars 2012 – et les autres institutions que le peuple s’est librement données ,viennent de sceller une alliance avec ces forces négatives pour demander des concertations dont les termes de référence montrent à suffisance le complot en gestation . Ces concertants du désordre ont d’ailleurs établi un agenda qui coïncide, fortuitement (nous sommes obligés de croire) avec l’attaque de la rébellion du NORD.

Mon engagement pour le mali et ma conception de la morale publique m’interdisent de m’associer à une telle coalition dont le seul objectif est de poignarder notre démocratie dans le dos avec la rupture de la légalité républicaine. Du reste, c’est bien ce qui avait commencé avec les manifestations des 8 et 9 janvier 2013 à BAMAKO. En prélude à ces manifestations, la déclaration préliminaire à la conférence de presse d’IBK le 03 janvier 2013 sonnait comme un appel à l’insurrection au moment où les djihadistes étaient à nos portes, que dis-je, au cœur de la patrie. Ce fut une terrible désillusion pour ne pas dire une humiliation pour beaucoup de militants du RPM, convaincus, eux, « qu’aucun de nous ne vaut le Mali ».

Si la crédibilité est l’expression du rapport entre le discours et les actes, la nôtre de crédibilité vacille fortement quand nous entonnons – à la suite du CNRDRE et de ses collectifs de loubards – une véritable diatribe contre ATT quelques mois après le 22 MARS 2012.

Je rappelle qu’en 2002, nous avions décidé, contre toute logique politique, de soutenir ATT contre SOUMAILA CISSE, qui est, quoi qu’on dise un produit du mouvement démocratique.

Je rappelle qu’en juillet 2002, nous étions entrés au gouvernement de ATT et avions présidé l’assemblée nationale –qui elle pouvait répondre au nom du peuple car toutes les sensibilités y étaient représentées !!

Je rappelle qu’à la date du 22 mars 2012, le secrétaire général de notre parti le docteur BOKARY TRETA était ministre de la république

Je rappelle que la proximité de notre président (pour ne pas dire plus) avec ATT était de notoriété publique, et même un motif de fierté.

Chers amis

Cette démission est d’abord l’expression d’un échec personnel. En effet, du 24 MARS 2012 à ce jour, je n’ai ménagé aucun effort pour éviter cette dérive déjà perceptible dans la déclaration dite de condamnation du 23 MARS 2012. J’ai utilisé tous les canaux à ma disposition pour dire au président et au BUREAU POLITIQUE NATIONAL du RPM que :
•Le coup d’état est un crime et non une source de légitimité
•Le kankélétiya nous impose le choix du droit et non celui du braquage institutionnel
•Ceux qui ont cru au slogan « ESPOIR D’UN PEUPLE » ont droit à la clarté du discours
•On ne peut pas divertir les citoyens avec des concertations alors que des amputations ont lieu
•En homme d’Etat, IBK ne doit pas participer à la curée contre la CEDEAO et la communauté internationale qui sont les seules à pouvoir sauver la patrie.
•De bonne foi, on ne peut pas confondre les institutions et les pratiques des acteurs politiques
•Le CNRDRE est un groupe de tortionnaires, de violeurs en série (lois, libertés, biens), d’assassins donc infréquentable.

Comme vous le voyez les récents évènements n’ont fait qu’approfondir les divergences entre la direction du RPM et moi. Afin d’arrêter ce cauchemar que je vis depuis le 23mars 2012, je vous remets ma démission du mandat de secrétaire général de la section France du Rassemblement Pour le Mali -RPM. Cette démission prend effet à compter de ce jour Vendredi 18 Janvier 2013. Par ailleurs je vous signifie également mon retrait des activités de la section France du Rassemblement Pour le Mali –RPM.

Chers amis,

Mon engagement pour le Mali, tout comme le vôtre, est un engagement pour la vie ; aussi je suis sûr que nos chemins se croiseront. Dans tous les cas, je n’oublierai jamais la patience des uns, la ténacité des autres et la passion de tous pour le Mali. A la malienne, je serai toujours des vôtres. MERCI du fond du cœur »

MAGASSA SEKOU

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