Violation de la liberté de la Presse : Boukary Daou, Directeur de publication du Républicain interpelé

Suite à la publication par le Républicain dans sa parution du 6 mars 2013 d’une lettre ouverte adressée au Président de la République, Boukary Daou, Directeur de publication du journal, a été interpelé le 6 mars 2013, vers 11h 30 par 6 éléments de la sécurité, dont deux se sont présentés comme des agents de la sécurité d’Etat : inspecteur Cissé et inspecteur Dembélé.
L’heure est toujours grave au Mali. La liberté de la presse a du plomb dans les ailes. La presse Malienne est toujours inquiète. Elle est inquiète du sort qui lui est réservé depuis un 22 mars 2012. Une lettre ouverte d’un certain Capitaine Touré, adressée au Président de la République, publiée sous le titre « les soldats au front révoltés par les avantages accordés au Capitaine Sanogo », vient de poser problème. Pourtant, le Républicain n’avait nullement la volonté de nuire ou de faire sensation. Ces derniers mois, face à la crise que vit notre pays, le quotidien est resté attentif aux préoccupations de tous les citoyens sans distinction de races, ni d’ethnies. La vérification, le recoupement des informations, avant publication, ont toujours été la règle d’or. Durant toute cette période de convulsions politiques dans notre pays, le Républicain a toujours pris de la hauteur. Il s’agit là d’un engagement que le personnel a pris pour informer sainement. Le métier de journaliste est un sacerdoce.
Mais, voilà que plus on informe, plus on dérange. Après les récentes arrestations successives, la presse Malienne pensait que le temps des intrigues, des enlèvements, des menaces avait pris fin. Mais Hélas, le Républicain vient de suivre le sort que certains avaient connu. Il s’agit de Birama Fall du « Prétoire », d’Abdrahamane Keita d’« Aurore », de Chahana Takiou du « 22 septembre », de Saouti Haidara de « l’Indépendant », de Kassim Traoré de « La Radio Kledu » etc. Les autorités actuelles de la transition doivent savoir raison garder et prendre toutes les dispositions pour faciliter le travail des journalistes qui ne se sentent plus libres d’exercer leur profession. Au moment où notre pays est acculé par les associations des droits de l’homme, nos forces de sécurité doivent s’abstenir de procéder à des arrestations de nature à mettre en péril les acquis des libertés individuelles et collectives. Tout en respectant l’éthique et la déontologie, le Républicain pour sa part ne cédera jamais face aux menaces de quelque nature que ce soit.

« Vive la liberté de la presse dans un Mali démocratique ».

La rédaction.

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