Que reste t-il donc à négocier ?

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Cruelle boutade d’un accroc désabusé du feuilleton malien avec son lot de suspens et sa trame tragi-comique : « si Ansardine renonce à la charia –donc son identité et le Mnla à l’indépendance de sa mythique enclave –donc sa raison d’être- qu’y aura-t-il à négocier encore ?

C’est un peu court comme observation, répondront les spécialistes de la culture de la paix. Car il va y avoir tout un programme de «normalisation ». En d’autres termes de démobilisation-des rebelles pour leur intégration dans l’armée nationale. Les mauvaises langues diront de « désarmement fictif de ceux qui ont ouvert le feu contre l’Etat pour leur réarmement dans les troupes républicaine. Ces mauvaises langues ont à peine tort si l’on tire les leçons des rébellions récentes. Pourtant si rien ne justifiait une rébellion armée en 2012, un Etat qui veut positiver, renouvellerait son offre de décentralisation et donnerait à celle-ci toute sa substance, parant au plus pressé pour le Nord mais anticipant pour le reste du pays. Ce ne serait pas de la capitulation mais au contraire un bond qualitatif. Reste que même si l’Etat malien en a l’intention, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la sincérité et la solidité d’un serment de Ansardine prêté à Ouaga et pas à Alger et ce au moment où, après un petit vent de panique, les islamistes reprennent du poil de la bête et poussent le zèle rigoriste jusqu’à arracher les antennes paraboliques des toits de Gao et Tombouctou. Les cartes décisives d’Ansardine sont dans les mains de Iyad Ag Ali qui n’a rien dit encore. Et la force d’Ansardine repose sur Aqmi-Mujao exclus du dialogue, y compris et surtout par les colombes que sont Alger, New-York, Nouakchott. Entretemps, un coup la communauté internationale programme la guerre et un coup déprogramme la paix. Personne il est vrai ne prend de gants pour un pays à terre qui s’abime dans ce qu’il sait faire le mieux : la guerre du nombril.

Adam Thiam

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